Le Forum des familles, la plus grande association de proches d’otages en Israël, demande à Benjamin Netanyahou d’ « arrêter de tuer » leurs proches, après les frappes israéliennes intenses dans la nuit sur la bande de Gaza. Il exige de savoir « comment les otages seront protégés de la pression militaire et comment on compte les ramener ». Le Premier ministre et Tsahal assurent que c’est le refus du Hamas de libérer ces otages qui nécessite les attaques.
Le motif pourrait tenir mais c’est l’Etat hébreu qui ne respecte pas la trêve en trois étapes imposée par les Américains et dont Trump se vantait. Il en a changé les termes. Le Hamas a de nombreux torts, mais, s’il n’aide guère les Palestiniens, c’est lui qui entend que l’accord soit respecté, que l’on passe aux étapes suivantes.
Les otages, alibi de Netanyahou pour continuer sa guerre ? Il n’a atteint aucun de ses objectifs et le récent rapport du Shin Bet le met directement en cause. Si le service de renseignement intérieur reconnaît avoir failli à propos du 7 octobre, il reproche à l’exécutif une « politique de calme (qui) a permis au Hamas de bâtir un impressionnant arsenal militaire ».
Avec l’appui de Trump, Netanyahou frappe pour effacer son échec, pour se maintenir au pouvoir et éviter la prison qui l’attend pour ses affaires de corruption et d’abus de pouvoir.
L’attaque-massacre de cette nuit était prévue,préparée par le nouveau chef d’état-major Eyal Zamir. Ce « plan de l’enfer », encore une référence à Trump, visait à éviter « l’attaque type 7 octobre » que prévoyait le Hamas dans les jours qui viennent. C’est ce que le porte-parole de Tsahal affirme. Il dit posséder des preuves et précise que le bilan avancé par le mouvement islamiste – plus de 400 morts- est faux et que les combattants se cachent derrière les civils. Les frappes continueront. Pour provoquer un chaos qui fera fuir les Gazaouis ?
Depuis le 7 octobre, nous répétons que l’impossible guerre d’éradication menée par Netanyahou n’aboutira qu’à la montée des ressentiments, de la haine. Comme le disait Antony Blinken, le nombre des nouveaux combattants égale celui des tués. Une génération « perdue » pour une paix qui ne cesse de s’éloigner.
Israël a brisé le cessez-le-feu. Et Washington, en rejetant le plan de la Ligue arabe, refuse toute alternative au « plan de l’enfer » de Tel Aviv . Ils n’en n’ont rien à faire des Palestiniens. Honteux, indigne.
Un espoir ? Les médiateurs égyptiens et qataris font pression sur le Hamas pour qu’il libère les otages… Mais le problème ne sera pas résolu.