Avec son « jour de libération », Donald Trump a franchi la première étape de la guerre économique qu’il déclare au monde et entend gagner. Maintenant, une fois la sidération passée, on entre dans une phase de négociations qui peut, selon les accords trouvés, finir, ou non, en guerre commerciale.
Toujours aussi sûr d’avoir raison, le milliardaire américain sans vision mais avide de vengeance et de fausse grandeur pratique un impérialisme prédateur qui mettrait fin à la mondialisation née en 1947 avec le GATT, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce. Ses Etats-Unis ont le droit de faire ce qu’ils veulent, c’est-à-dire ce qu’il veut. Il se justifie : « Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis ».
Pour fixer les nouveaux droits de douane, les « experts » de Trump ont inventé ce qu’ils nomment droits de douane réels : ils ont pris en compte « tricheries », les « manipulations de devises » et les barrières non tarifaires comme les normes sanitaires, climatiques et environnementales qui empêcheraient des exportations américaines. Des calculs peu sérieux sans aucune base scientifique très loin de la réalité. Dans plusieurs cas, il s’est simplement agi de diviser le déficit commercial par le montant des importations, ce qui donne presque 39 pour l’Union européenne. Mais, a déclaré le président américain « nous allons rester gentils car nous n’allons faire payer que la moitié des douanes qu’on nous a fait payer ».
Ce genre de calcul ne vaut pas pour la Tunisie qui enregistre un déficit de 119,8 millions de dinars avec les Etats-Unis. Comment est-il arrivé à des droits de 55% qui justifient le nouveau tarif de 28% ? Trump veut-il protéger les producteurs californiens d’olives ? N’aime-t-il pas les dattes ? On pourrait aussi se demander si le Maroc qui bénéficie du tarif le plus bas -10%- est récompensé pour avoir signé les accords d’Abraham ? Si l’Algérie, même si elle abuse de « lignes tarifaires » -davantage que les Etats-Unis- ne paie pas sa proximité avec la Russie et la Chine ?
La cohérence n’est pas ce qui caractérise Trump. Dans son irrépressible besoin de taxer, il impose même 10% aux îles australiennes Heard et Mc Donald qui n’abritent que des pingouins !
Il est trop tôt pour mesurer les conséquences de cette lubie trumpienne. Ses comptables estiment que ces taxes rapporteront quelque 6 000 milliards en dix ans et permettront de baisser les impôts, de réindustrialiser. Le chef de file des démocrates au Sénat Chuck Schumer pense que « les tarifs de Trump vont ajouter 5 000 dollars aux dépenses d’une famille moyenne » et ne serviront qu’à baisser les impôts des milliardaires.
En attendant, les bourses ont chuté…