« Les familles ont été terrifiées de se réveiller ce matin avec l’annonce du ministre de la Défense selon laquelle l’opération militaire à Gaza serait étendue pour s’emparer de vastes zones. La responsabilité de la libération des 59 otages détenus par le Hamas incombe au gouvernement israélien. Nous avons le sentiment que cette tâche a été reléguée au bas de sa liste de priorités, devenant simplement une tâche secondaire ».
Le Forum des familles d’otages dénonçait l’extension de l’opération militaire « Force et glaive » « «pour écraser et nettoyer la zone des terroristes et des infrastructures terroristes, et pour s’emparer de vastes zones qui seront intégrées dans les zones de sécurité d’Israël».
L’Etat hébreu appelait aussi les Gazaouis à se débarrasser du Hamas qui se sert d’eux comme bouclier. Certes le Hamas nuit à la cause palestinienne et peut s’ en prendre à la population qui commence à répliquer, mais Israël s’en soucie encore moins et veut vider de ses habitants les territoires palestiniens.
Benjamin Netanyahou n’a jamais voulu appliquer l’accord conclu le 19 janvier, dont se vantait Trump et qui prévoyait le retrait total de Tsahal dans une deuxième phase. Rien ne perturbe le Premier ministre qui a, lui aussi, son bouclier en la personne du président américain. En rompant le cessez-le-feu, le 18 mars, il commençait la mise en œuvre de son plan de transformation de la bande de Gaza en Côte d’Azur. Utopique, insensé mais qu’importe, Netanyahou assure sa survie en faisant croire que l’unique moyen de libérer les otages est d’exercer une pression militaire et politique. Bilan : des bombardements quotidiens, des troupes au sol. Et 322 enfants tués depuis la rupture du cessez-le-feu le 18 mars. Tous les jours, Donald Trump répète qu’il agit pour la paix, pour sauver des vies humaines !..
Tsahal et les colons juifs poursuivent aussi leurs œuvres destructrices en Cisjordanie. Des attaques chaque nuit. Les Palestiniens indiquent que les Israéliens ont opéré dans les régions de Naplouse, Hébron et Ramallah. À Tulkarem, l’armée israélienne opère depuis 66 jours consécutifs. Le ministre-colon Bezalel Smotrich, a affirmé hier qu’Israël était en Cisjordanie occupée « pour [y] rester ».
Rien ne perturbe Netanyahou et ses opposants qui manifestent de plus en plus sont impuissants. Comme cette députée qui a installé son bureau à l’extérieur de la Knesset en déclarant que « la Knesset, la maison du peuple, s’est déconnectée du peuple » et qu’elle ne doit pas être « au service du pouvoir et de la tyrannie. »
Netanyahou, lui, se pavane à Budapest où, malgré le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, il est l’invité de Viktor Orban, son ami illibéral.