Une conversation chaleureuse au cours de laquelle ils ont parlé de tout, la promesse de se rencontrer rapidement, sans doute en Arabie Saoudite, la volonté de négocier immédiatement pour conclure la paix en Ukraine: Trump et Poutine se sont retrouvés comme de vieux amis. Trop beau pour être vrai ?
L’Américain et le Russe ont tous les deux besoin de mettre fin à la guerre, le premier parce qu’il l’a promis, le second car la situation économique n’est pas vraiment bonne. Si les Etats-Unis semblent pencher vers les thèses russes et laissent même entendre que l’Ukraine pourrait redevenir russe un jour, Trump ne dit rien de précis sinon qu’il faut « arrêter le massacre » et qu’il exige un remboursement en terres rares des milliards accordés à Kiev. Sait-il seulement que ces richesses se trouvent principalement dans le Donbass conquis et annexé par les forces de Moscou ? Poutine, lui, apparaît moins pressé et souhaite avant de parler de trêve, de cessez-le-feu, des « causes profondes du conflit », c’est-à-dire de l’Otan qui menace « notre avenir historique en tant que nation », de la neutralisation et de la démilitarisation de l’Ukraine, terre russe. Un point d’entente quand même : écarter l’Europe et l’Ukraine des négociations. Maîtres du monde comme au temps de la guerre froide…
En saura-t-on davantage après la réunion de l’Otan ce jeudi et la conférence sur la sécurité demain à Munich ? Sans doute pas. Seul Trump, qui n’est pas là, possède le pouvoir de décider et il n’est pas sûr qu’il sache ce qu’il fera. Ses hommes, Rubio, Hegseth, Bessent et Kellog répèteront qu’il est impossible de revenir aux frontières d’avant 2014, que l’Europe doit en faire plus, garantir, demain, la sécurité de l’Ukraine et qu’ « il n’y a pas de trahison ». Ils feront pression sur Zelensky pour qu’il organise des élections susceptibles de lui faire quitter le pouvoir. Une idée de Trump pour amadouer Poutine.
Les Européens -pas tous- exigeront d’être partie prenante dans les négociations, rappelleront qu’ils fournissent davantage d’aide financière que les Etats-Unis et qu’ils entendent placer Kiev en position de force. Leur manque d’unité les affaiblit.
Finalement, malgré toutes les déclarations, on ne sait pas grand-chose de concret. «On ne voit pas encore le bout du tunnel » estime le ministre allemand de la défense, Boris Pistorius. Il faut donc attendre en espérant que le secrétaire américain de la Défense, Pete Hegseth, a raison quand il présente Trump comme «le meilleur négociateur de la planète»…