Il y a trois ans, la Russie envahissait l’Ukraine avec la volonté de faire tomber son président et de reprendre le contrôle du pays. Triste anniversaire et en même temps jour de nouvel espoir de paix.
A Washington, le président français rencontre Donald Trump pour lui dire de ne pas être faible face à Poutine et de ne pas écarter l’Europe. Il pourra s’appuyer sur les déclarations du futur chancelier allemand, Friedrich Merz, bien plus allant qu’Olaf Scholz sur le soutien à l’Ukraine qui doit être placée en « position de force ». Il accordera une « priorité absolue » la création d’une « capacité de défense européenne autonome » comme alternative à « l’Otan dans sa forme actuelle ». De quoi faire réfléchir l’homme des deals ?
A Kiev, Volodymyr Zelensky, entouré d’une bonne douzaine de dirigeants européens redit son souhait d’arriver cette année à une paix juste et durable sans avoir à signer avec Trump un accord qui « obligerait dix générations d’Ukrainiens à rembourser la dette ».
A Ankara où il a reçu son homologue russe Serguei Lavrov, Hakan Fidan, le ministre turc des Affaires étrangères a souligné que les discussions doivent associer « les deux parties » en guerre.
A Moscou, le Kremlin a annoncé qu’une nouvelle rencontre de diplomates russes et américains aurait lieu en fin de semaine, après celle du 18 février en Arabie Saoudite des ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Marco Rubio.
Le temps des négociations, qui ressembleront à une bataille, est donc bien ouvert, mais si l’objectif des Américains, Russes, Européens et Ukrainiens est bien d’arriver à la paix cette année, on ignore encore tout des conditions, des intentions réelles de Donald Trump qui a, certes, épousé les thèses de Poutine, mais que l’on voit mal faire preuve d’une faiblesse qui le desservirait face à la Chine, ce rival qu’il veut contenir, affaiblir. En revanche, la position russe ne change pas. Lavrov l’a répétée à Ankara : « Nous ne cesserons les hostilités que lorsque ces négociations aboutiront à un résultat ferme et durable qui conviendra à la Fédération de Russie », a-t-il réaffirmé.
Ce qui repose la question de savoir où s’arrêtera Poutine et celle des garanties à apporter à Kiev. En saura-t-on davantage ce soir lors de la conférence de presse que tiendront Trump et Macron?