Signera-t-il ? Et quel accord ? Volodymyr Zelensky rencontre ce vendredi Donald Trump et un texte est prêt, approuvé par les deux, qui ne prévoirait aucune garantie militaire pour l’Ukraine. « C’est un début, c’est juste un accord-cadre », a indiqué le président ukrainien. « Ce deal peut être un grand succès ou simplement disparaître, cela dépendra de nos conversations avec le président Trump ».
Si l’Américain a épousé les thèses russes, Moscou rappelle ses conditions pour arriver à la cessation du conflit : prise en compte des causes de la guerre et, vient de déclarer le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, la reconnaissance que « les territoires qui sont devenus des sujets de la Fédération de Russie sont inscrits dans la constitution de notre pays, ils font partie intégrante de notre pays. C’est absolument incontestable et non négociable ». Une revendication pas vraiment nouvelle…
Les Européens de l’UE, plus la Grande Bretagne, réfléchissent à des garanties à apporter dans le cas où Washington qui affirme que c’est une affaire européenne et non américaine, se retirerait. La constitution d’un stock d’armement, qui serait mis à la disposition de Kiev en cas de reprise des combats après la conclusion d’une trêve, est à l’étude, proposée par la France.
Cependant, l’essentiel, le « gros morceau » ne serait pas ces garanties mais les terres rares, les minerais stratégiques dont le sous-sol ukrainien regorge. On a d’ailleurs appris ce matin que Paris lorgne aussi sur ces minerais dont la France aura besoin pour son industrie de défense.
On sait aussi que Trump et Poutine pourraient envisager une nouvelle coopération économique et que l’exploitation des métaux dits critiques, présents aussi dans les territoires ukrainiens annexés, en ferait partie. L’Ukraine disposerait de 5% des réserves mondiales.
Les Etats-Unis extraient peu de ces minerais et dépendent en partie de la Chine qui menace régulièrement de ne plus les exporter car Washington restreint l’accès de Pékin aux technologies de fabrication de puces électroniques.
Mais l’extraction minière coûte cher et n’est possible qu’en temps de paix. Un accord sur l’exploitation de l’uranium, du graphite, du fer, du niobium, du lithium, et des terres rares pourrait donc devenir le meilleur garant de la paix. D’une paix durable car il faudra du temps et la construction d’infrastructures avant de commencer l’exploitation. Routes, ports, emplois, cela pourrait être bénéfique pour l’Ukraine et sa reconstruction. Un projet à long terme dont on ne verrait pas les fruits sous le mandat de Trump… Reste à voir quels accords seront signés…