Le bureau exécutif du mouvement Ennahdha a tenu une réunion le mercredi 5 mars 2025, au cours de laquelle il a exprimé une grande inquiétude concernant les développements de l’affaire judiciaire dite « complot 1 ». Cette affaire, qui a vu la mise en accusation de plusieurs des plus hauts responsables politiques du mouvement ainsi que des personnalités nationales opposantes, a été examinée lors d’une audience tenue le mardi 4 mars 2025.
Face à cette situation, dans un communiqué paru ce vendredi 7 mars, Ennahdha souligne plusieurs points importants :
Le mouvement Ennahdha rejette catégoriquement cette procédure qu’il considère comme une violation flagrante des garanties d’un procès équitable. Selon le mouvement, l’organisation d’un procès à distance et la privation des accusés de la possibilité d’assister à l’audience constituent une atteinte directe au droit de défense. Cette démarche s’inscrit dans une politique de dissimulation systématique visant à occulter les nombreuses incohérences et falsifications qui entachent le dossier, en particulier après la fuite du juge responsable de l’affaire à l’étranger.
Ennahdha dénonce fermement les tentatives de manipulation de l’opinion publique par certains médias complices du pouvoir. Ces derniers, selon le mouvement, diffusent des extraits tronqués des procès-verbaux d’enquête dans le but de diffuser une version déformée des faits, qui sert des agendas politiques visant à discréditer les opposants et à influencer le cours de la justice. Le mouvement insiste sur l’importance de l’indépendance judiciaire et de la transparence des procédures.
L’affaire « complot 1 » est perçue par Ennahdha comme un nouveau niveau de persécution de l’opposition politique. Selon le mouvement, cette procédure s’inscrit dans une politique générale de répression, visant à éliminer toutes les voix dissidentes au sein de la scène politique tunisienne, et représente un retour à un régime autoritaire marqué par des dérives judiciaires.
Le mouvement Ennahdha avertit des conséquences négatives d’une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Selon lui, les poursuites judiciaires contre les opposants ne régleront en rien les problèmes économiques et sociaux du pays. Au contraire, elles accentueront les tensions internes et risquent d’isoler davantage la Tunisie sur la scène internationale. Le mouvement appelle à un véritable dialogue national et au respect des droits et libertés fondamentaux, insistant sur l’abandon de l’utilisation de la justice comme outil de règlement des conflits politiques.
Enfin, Ennahdha appelle les organisations des droits humains et les forces politiques nationales à suivre de près ce dossier et à résister à toutes les formes d’abus de pouvoir. Le mouvement réaffirme son engagement dans un combat pacifique et civil pour défendre la démocratie et la justice, tout en rejetant fermement toute tentative de retour à un régime autoritaire.