L’Institut du monde arabe à Paris présente, à partir de ce jeudi 3 avril, une exposition sur le patrimoine archéologique de Gaza, une région dont l’histoire millénaire est aujourd’hui menacée par les frappes israéliennes.
Présenter les trésors de Gaza sauvés de la guerre. C’est le but de la nouvelle exposition à l’Institut du monde arabe (IMA), « Trésors sauvés de Gaza, 5.000 ans d’histoire », qui révèle une centaine de pièces archéologiques uniques, témoins du passé glorieux de Gaza, ancien carrefour commercial entre Asie et Afrique. Parmi les éléments exposés, du 3 avril au 2 novembre 2025 : un bol vieux de 4.000 ans, une mosaïque byzantine ou encore une statue d’Aphrodite d’inspiration helléniste.
La genèse de l’exposition est étroitement liée au conflit au Proche-Orient. Initialement prévue pour présenter des vestiges de Byblos au Liban, l’exposition a dû être repensée en raison des bombardements israéliens sur Beyrouth. En quatre mois et demi, l’IMA a monté cette exposition sur Gaza, en puisant dans les 529 pièces stockées à Genève, propriété de l’Autorité palestinienne. Ces vestiges alertent également sur les destructions causées par le conflit entre le Hamas et Israël.
Les fouilles archéologiques à Gaza ont été stoppées avec l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et le blocus israélien. La pression foncière dans ce territoire densément peuplé complique également les travaux. Après un an et demi de guerre, la reprise des fouilles semble lointaine, d’autant que de nombreuses bombes non explosées doivent être déminées avant toute reprise.
L’exposition documente l’ampleur des destructions récentes, soulignant l’impact des bombardements sur le patrimoine. La commissaire de l’exposition, Elodie Bouffard, craint que des trésors archéologiques aient disparu à jamais. Elle rappelle que Gaza, convoitée à travers les siècles, a souvent été le théâtre de destructions, comme lors du siège par Alexandre le Grand au IVe siècle avant notre ère.