« Un jour funeste pour notre démocratie ». La patronne des députés Rassemblement national a été condamnée ce lundi 31 mars dans le cadre du procès des assistants du RN. Le tribunal l’a condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, et cinq ans d’inéligibilité. La décision a eu l’effet séisme sur la politique française. Marine Le Pen dénonce une « décision politique ».
La justice a « assumé très clairement de mettre en œuvre l’exécution provisoire de l’inéligibilité, c’est-à-dire de rendre mon appel inutile (…) pour m’empêcher de me présenter et d’être élue », a-t-elle assuré ce lundi soir au journal de 20h de TF1. « C’est une décision politique qui était en train d’être rendue », selon Marine Le Pen, qui avait claqué la porte du tribunal avant l’énoncé de sa peine. « L’État de droit a été violé par la décision rendue« , a-t-elle insisté.
« La présidente du tribunal a condamné la favorite à l’élection présidentielle à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire sans motivation« , a tonné Marine Le Pen qui a comparé cette décision à des « pratiques réservées aux régimes autoritaires ».
« La motivation de la présidente [du tribunal] est claire : ‘Je ne veux pas que Marine Le Pen puisse être élue présidente de la République.’ Rendez-vous compte le jour funeste que cela représente pour notre démocratie et notre pays, où des millions de Français vont être privés par un juge de première instance, sans recours possible, de la candidate qui est aujourd’hui donnée comme favorite de l’élection présidentielle. »
Marine Le Pen ne se retirera pas de la vie politique
Comme son avocat avant elle, Marine Le Pen a également annoncé sur TF1 sa volonté de faire appel dans les plus brefs délais. « Je vais faire appel le plus vite possible », a-t-elle assuré, en espérant pouvoir se présenter à l’élection présidentielle si la Cour d’appel lui donne raison. Si elle est condamnée en appel, mais sans exécution immédiate, elle se présenterait « évidemment » à l’élection présidentielle.
Parmi les adhérents du RN comme au sein du parti, Jordan Bardella est désigné comme le plan B idéal si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter à la présidentielle. « Jordan Bardella est un atout formidable pour le mouvement. J’espère que nous n’aurons pas à user de cet atout plus tôt qu’il n’est nécessaire », a nuancé Marine Le Pen qui ne compte « pas se laisser éliminer ainsi ». Elle ajoute ne se retirer « en aucune manière » de la vie politique. « Je ne suis pas prête à me soumettre à un déni de démocratie aussi facilement. Aucun juge ne peut décider d’interférer dans une élection aussi importante que l’élection présidentielle ».