Selon un rapport de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), l’économie tunisienne devrait enregistrer une croissance modérée de 1,8% en 2025 et atteindre 2,2% en 2026. Cette progression reste conditionnée par la poursuite des efforts de consolidation budgétaire, ainsi que par une reprise progressive des exportations et du secteur touristique, deux piliers essentiels de l’économie nationale.
La BERD prévoit une réduction du déficit budgétaire, qui devrait passer à 6,3% du PIB en 2025, grâce à une meilleure mobilisation des recettes fiscales et à une diminution progressive des subventions sur les produits de première nécessité. Cette politique vise à rééquilibrer les finances publiques, bien que des défis subsistent quant à son impact sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans cette optique, un plan de consolidation budgétaire à moyen terme a été mis en place, avec pour objectif de ramener le déficit à 5,5% du PIB et de contenir la masse salariale de la fonction publique à 13,3% du PIB. Toutefois, la dette publique reste préoccupante, atteignant 82,2% du PIB en 2024. La BERD table sur une légère baisse de cet endettement, qui devrait s’établir à 80,5% en 2025, une amélioration attribuée aux mesures d’austérité et à la rationalisation des dépenses publiques.
Bien que la Tunisie ait enregistré une amélioration de sa position extérieure, la BERD souligne que l’économie demeure vulnérable aux chocs extérieurs. Le déficit du compte courant s’est réduit, passant de 2,3% du PIB entre janvier et novembre 2023 à 1,6% sur la même période en 2024. Cette évolution favorable s’explique par une baisse des importations, notamment en raison de la diminution des prix des matières premières, et par une hausse des exportations dans certains secteurs clés.